lundi 8 octobre 2007

La reconnaissance de la dignité des Personnes Vivant avec le VIH, paramètre de lutte contre le VIH.

Selon l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits … ». Cet article pose le principe de la liberté et de l’égalité de tous les êtres humains lesquelles sont les fondements de l’épanouissement de la personne humaine.

Dans l’application, si cette disposition n’est respectée du fait des inégalités sociales, nous pouvons regretter certaines violations surtout lorsqu’il s’agit des personnes vivant avec le VIH/SIDA. En effet, en Afrique où le taux de prévalence du VIH est très élevé, les personnes vivant avec le VIH ne jouissent pas de cette égalité en dignité et en droits proclamés dans la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 Décembre 1948.

La dignité ou encore respect dû à une personne est en principe reconnue à toute personne par le seul fait qu’il soit humain. Cependant, les personnes vivant avec le VIH ne jouissent pas de ce respect. En effet, au Congo et peut être en Afrique, dés qu’une femme personne est atteinte du VIH, elle est l’objet des railleries ; le témoignage suivant en est une illustration. Il s’agit d’une femme de 48 ans, mère d’une famille nombreuse : « le jour que ma famille avait été informée de mon état de sérologie, j’ai senti des pressions terribles. Je suis abandonnée et personne ne pouvait utiliser les objets culinaires de mon ménage par crainte de contamination.
J’étais l’objet des railleries de la part de mon entourage. » Elle se résume en disant que « la stigmatisation est comparable à un virus qui conduit à la mort. C’est la raison pour laquelle les personnes vivant avec le VIH préfèrent garder le secret et anonymat face à un environnement hostile ».

Il est important de rappeler que le respect de la dignité des personnes vivant avec le VIH est une arme importante dans la lutte contre le SIDA. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, lorsqu’il fallait établir les bases d’une paix durable dans le monde, les Nations Unies ont inscrit le respect de la dignité de la personne humaine au premier alinéa du préambule : « …la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ». De la même manière, dans le cadre de la lutte contre le VIH, le respect de la dignité des personnes infectées, constitue le fondement de leur liberté d’expression, de s’informer, de circuler, de témoigner ; le respect de cette dignité constitue aussi le fondement de la justice, en ce sens que les personnes infectées seront rétablies dans leurs droits mais aussi le fondement de la paix.

En effet, il ressort de l’article 44 de la constitution congolaise du 20 janvier 2002 que « tout citoyen a le devoir de respecter ses semblables ». Nous pouvons conclure au regard de cet article, que les personnes vivant avec le VIH ont le droit d’être respectées parce que cet article ne conditionne pas le respect de ce droit à la fortune, au statut social ou professionnel et encore moins à l’état de santé .

Roméo Mbengou

vendredi 5 octobre 2007

GAD au Niger: aider mes frères et soeurs à éviter cette terrible maladie

Kodjo Edem Kaanlekou, Président du Conseil d’Administration de Groupe Afrique pour le Développement-Niger (GAD-NIGER). Il a a bien voulu répondre à nos questions. GAD-NIGER est une association humanitaire apolitique et à but non lucratif. Elle est l'antenne nationale, au Niger de Afrika Gruppe Fur Entwicklung une organisation basée en Allemagne.

GAD-NIGER a pour but de contribuer au développement social, culturel et technique des populations du Niger, d'Afrique à travers un réseau de partenariat entre les pays du Nord et ceux du Sud.

Quels sont les objectifs de votre organisation?

· Promouvoir les aides au développement destinées à la recherche dans le domaine de l'agriculture, de l'économie, de la santé, de l'énergie, de l'eau et de l'environnement.

· Promouvoir le droit des enfants, l'éducation et la réinsertion des orphelins du SIDA.

· Encourager la scolarisation à travers la construction, l'équipement et la réfection des infrastructures scolaires.

· Convaincre et encourager les expatriés nigériens en Europe, en Amérique du Nord et dans le reste du monde à investir dans les actions visant à réduire la pauvreté au Niger.

Depuis quand avez-vous êtes-vous impliqué dans la lutte contre le SIDA pour quelles raisons le faites-vous? Etait-ce avant la création de votre association?

Depuis 2002, je le fais pour aider mes frères et soeurs à éviter cette terrible maladie qui est entrain de faire des ravages et qui touche le plus des africains.

Quels sont les résultats que vous déjà réalisé avec vos activités de lutte contre le VIH avec les jeunes ?

J'ai eu à aider beaucoup de jeunes à connaître cette maladie et à savoir comment l'éviter. J'ai également aidé plusieurs séropositifs à garder espoir.

Quelles étaient vos motivations pour adhérer au Réseau Sida Afrique ?

Avoir des informations sur le SIDA en provenance des autres pays et recevoir si possible des aides pour mieux faire ce travail.

Qu’avez- vous déjà gagné en termes d’avantages depuis que vous êtes dans le Réseau Sida Afrique?

Ils m'ont conseillé d'écrire aux associations et organismes qui luttent dans le même domaine du VIH/SIDA.

Quels sont les défis que vous rencontrez sur le terrain dans la réalisation de vos activités ?

Dans les villages, les gens ne sont pas ouverts aux sensibilisations mais nous arrivons à les persuader.

Pour plus d’informations sur GAD-Niger, allez sur leur site web www.gad-niger.new.fr

dimanche 30 septembre 2007

Le Réseau Sida Afrique, une plateforme indispensable

Paulin Kangni Messan-Kplaka est Coordonnateur de l’organisation InterAfrica au Togo, qui a rejoint récemment le Réseau Sida Afrique. Il nous éclaire ici sur ses raisons.

Pour quelles raisons avez-vous rejoint le Réseau Sida Afrique?

InterAfrica-Togo une organisation pour la Promotion d’une culture de la paix et le développement socio-économique du Togo. Nous voulons contribuer à la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA; pour ce faire une plateforme comme Réseau Sida Afrique est indispensable pour mieux travailler en synergie avec tous les acteurs et partenaires dans la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique et dans le monde. Voilà en quelques lignes les raisons pour lesquelles nous avons rejoint le Réseau Sida Afrique.


Qu’est ce qui a changé dans votre travail sur le VIH/SIDA depuis que vous êtes membre de Réseau Sida Afrique ?

Depuis que nous travaillons avec Réseau Sida Afrique, nous sommes à même niveau d’informations sur le VIH/SIDA comme tous les 215 organisations et individus membres du Réseau. Et, cela nous a permis de mieux mener nos activités, de mieux comprendre et défendre les doits des personnes vivant avec la maladie. Nous avons également participé à des rencontres et des formations telles que celle sur la e-facilitation pour les modérateurs de la liste de discussion du Réseau et l’apprentissage des outils du Web 2.0.

Nous remercions tous les membres du Réseau sida Afrique.


Qu’est ce que vous aimeriez obtenir du Réseau Sida Afrique que vous n’avez pas encore obtenu?


Nous voulons être connu par les partenaires et obtenir des financements pour le compte du Réseau. Nous savons que c’est un long processus et nous sommes interpellés à travailler d’arrache-pieds pour faire reconnaître le Réseau partout où nous sommes.

Propos recueillis par Sylvie Niombo

samedi 29 septembre 2007

Prévention contre le VIH : les jeunes congolais changent de comportement


Rochekrol
Originally uploaded by reseausida
Rochekrol Matondo est Secrétaire Général et coordonnateur des projets dans l’Association Jeunesse Santé et Solidarité (A.J.2S) à Brazzaville, au Congo.

Cette organisation des jeunes congolais lutte pour améliorer les attitudes des jeunes face au VIH/SIDA tout en réduisant les situations génératrices de risque en développant les compétences à la vie.

Depuis quand êtes-vous impliqué dans la prévention contre le VIH et pour quelles raisons le faites-vous? Etait-ce avant la création de votre association?

C'est depuis l'année 2000, que je suis impliqué dans la lutte contre le SIDA après avoir travaillé avec le Projet « prévention du Sida dans les écoles du Congo » initié par le PNUD, le Club des amis contre le sida, le projet molo molo et autres ONG. La véritable raison qui me pousse dans cette lutte, c'est l'envie de contribuer au développement de l'homme.

Avant, je pensais que je pouvais seulement freiner le SIDA dans ma famille.

Bien après, j'ai compris qu'il existait une co-habitation surtout pour mes frères qui n'ont pas encore pris conscience de la réalité du SIDA et qui n’abandonnent toujours pas les pratiques sexuelles à risque.

Quels résultats avez-vous déjà réalisé avec vos activités de prévention contre le VIH en milieu jeunes ?

Nous avons réalisé une campagne de communication pour la prévention du VIH/SIDA dans les hôtels où sont logés les sportifs de la Coupe d’Afrique des Nations Junior au mois de février 2007 avec l'appui du Conseil National de Lutte contre le SIDA.

Nous avons donné des cours pédagogiques pour la prévention du SIDA dans les écoles privées et auprès des professionnels du sexe, en particulier à Brazzaville, à l’occasion de la Journée Mondiale du SIDA au mois de Novembre et Décembre 2007.

Nous avons également réalisé une campagne de sensibilisation lors de la journée internationale des femmes, sur l'impact du VIH/SIDA sur les femmes ; distribué des préservatifs masculins et féminins et mené des discussions participatives sur des films concernant le SIDA.

Nous avons reçu l’appui de l’International Partnership for Human Development et AI2D dans le cadre du projet molo molo pour la réalisation de bandes dessinées distribuées dans les écoles du Congo.

Pensez-vous que les jeunes changent vraiment de comportement?

Oui, les jeunes que nous encadrons changent positivement de mentalité, car nous avons les témoignages de leurs parents et nous avons mis en place des cercles d'éducation où nous mettant les compétences en pratique.

Les rencontres et descentes nocturnes avec les professionnelles du sexe ont été une parfaite réussite.

Elles ont permis de mettre en place les organisations à base communautaire. En outre, elles ont recensé les situations génératrices de risque dans chaque organisation à base communautaire. Enfin, cette
réussite se concrétise aussi par le nombre de participants à ces rencontres, autour de cent cinquante.

Travaillez-vous avec les jeunes qui vivent en zone rurale?

Non, tout simplement nous n’avons pas un grand soutien financier. Pour l'instant, notre vision c'est d’être présent dans tous les départements du Congo et dans d'autres pays.

Au Congo, selon votre expérience, à quels défis les associations de jeunes de lutte contre le SIDA font-elles face ?

Il est difficile de couvrir notre population ou notre groupe partenaire prioritaire. Les problèmes rencontrés sont relatifs à l’insuffisance des ressources et à l’absence des frais de gestion du projet.


Propos recueillis par Sylvie Niombo

lundi 24 septembre 2007

Des femmes financées pour la première fois pour sensibiliser leurs pairs sur le SIDA à Djibouti

Kassim Weah du Réseau Ensemble pour le Développement Durable du District d’Arta (EDDA) nous parle ici lors de l’interview qu’il a accordé à Steve Labata, Modérateur du Réseau Sida Afrique, des activités de prévention contre le VIH à Djibouti.


Quelles activités sur le VIH/SIDA avez-vous réalisé ces derniers mois ?


Durant ces derniers mois, deux projets de prévention et de sensibilisation du VIH/SIDA ont été exécutés par deux associations membres de notre Réseau. L’Association Iskoutir a exécuté un projet de sensibilisation et de prévention touchant les usagers du corridor international et du secteur privé. Le projet d’une durée d’un an est financé par le Secrétariat Exécutif du Programme de PNLS à hauteur de 870 000 FD (4 888 $ US).


Le second projet est mené par l’Association pour l’Education et la Santé des Femmes de Weah. Il est destiné à sensibiliser et prévenir du VIH/SIDA des jeunes filles et jeunes femmes en difficultés. La durée du projet est de 6 mois et financé par le Secrétariat Exécutif du PNLS à hauteur de 593 000 FD (3 331 $ US). Ce fût pour la première fois qu’une association féminine se voit confiée à un projet de sensibilisation du SIDA et cela prouve combien le tabou qui touchait ce domaine disparaît de plus en plus.


Vu l’importance du travail sur le terrain, ces deux projets seront reconduits pour bientôt à une durée d’une année pour chacun.


Quelles communautés avez-vous visé et pour quelles raisons ?

La communauté visée par notre ONG est tout d’abord la population de base de notre Région et en particulier les femmes, les personnes pauvres et vulnérables au VIH/SIDA, les jeunes, les nomades ou ruraux. Nous les avons visé parce qu’ils sont les plus vulnérables et ont besoin d’un bon avocat pour leur permettre l’amélioration de leur quotidien.


Quels défis rencontrez-vous?

Les défis que nous rencontrons sont nombreux mais le plus important à nos yeux serait le renforcement des capacités des associations de base communautaire membre de notre Réseau et une mobilisation des fonds depuis l’étranger est également à un autre défi.


Propos recueillis par Steve Labata

jeudi 20 septembre 2007

Mariage et désir d'enfants: paradoxe entre légitimité de procréation et risques desurinfection chez les personnes vivants avec le VIH

L’Espace parole du 29 juin au profit de personnes vivant avec le Vih (Pvvih) à « La source » (siège de la coordination Vih/Sida Eglise Evangélique du Congo-EEC) a été animé conjointement par le Dr Guinot Nkihouabonga, gynécologue obstétricien au Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Brazzaville et le Docteur B. Banzouzi Ndamba, Point focal du Projet EEC, assistés par le Docteur William Poaty de la Coordination Vih/Sida-EEc et par le Dr Juldace Samba du Centre de Traitement Ambulatoire de Brazzaville.

L’objectif global de la lutte contre le Vih/Sida est son éradication, mais l’objectif spécifique le plus poursuivi demeure la prévention. Le désir d’enfants chez les personnes vivant avec le Vih/Sida (Pvvih) entraîne un paradoxe entre la légitimité de la procréation et le risque éventuel de contamination ou de récontimination. La procréation sans transmission du virus nécessite préalablement un traitement efficace, un suivi dans le strict respect des règles de prévention (rapports protégés) des couples sérodiscordants ou séropositifs. Ils subissent, néanmoins des difficultés liées à l’éthique du médecin, car la maladie est potentiellement mortelle, ce qui risque d’aggraver le cas de la mère et provoquer la contamination de l’enfant.

Le désir de maternité des Pvvih
La femme sous Anti Rétro Viraux (ARV), enceinte sans avis médical, devrait bénéficier d’une prise en charge multidisciplinaire et d’une mobilisation importante du personnel soignant (interniste, obstétricien, pédiatre, psychologue, etc.). Le psychologue apporte un soutien psychosocial, l’interniste lui fait bénéficier d’un suivi clinique, biologique, d’une éducation thérapeutique et du traitement des infections opportunistes ; l’obstétricien lui, s’occupe de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.

Le rôle du traitement ARV chez la femme enceinte

Les objectifs du traitement par ARV sont de réduire la réplication virale maternelle en fin de grossesse et de diminuer la quantité du virus dans le sang et dans la filière génitale de la mère au moment de l’accouchement.

Le désir d’enfants aujourd’hui chez les Pvvih correspond au devoir d’être en bonne santé et de la bonne observance du traitement ARV, même le jour de l’accouchement car il serait erroné de parler du risque 0% de la prévention de la transmission mère à l’enfant (PTME) surtout en Afrique où les traitements de 3ème ligne sont très coûteux de même que l’absence remarquable de l’appareillage adapté. Les Pvvih en de telles situations doivent sans attendre voir un médecin et bénéficier d’un suivi strict.

Buno Bilombo,
Bimensuel ‘’Echanges’’, Coordination Vih/Sida EEC

Ngo, enfants vulnérables et le vih/sida

Pour beaucoup de parents, parler du Vih/Sida à leurs enfants, est une chose difficile voire rare. Pour des enfants en situation de détresse, les enfants de la rue, le problème est encore plus alarment du fait qu’ils sont vulnérables au sens plein du terme ; donc exposés à plus d’un risque de contamination au Vih.

L’A.S.I. (Association solidarité internationale) et Espace Jarrot, deux structures de prise en charge des des enfants de la rue, en partenariat avec la Coordination Vih/Sida-Eglise Evangélique du Congo (EEC), soucieux de la vie de cette couche très vulnérable, ont organisé un espace de communication de ces enfants sur le Vih/Sida pour leur prévenir et bouter plus loin d’eux les risques de contamination au Vih/Sida.

Ces séances tenues tous les lundi à la Source (lieu de convivialité et d’échanges), durant plus de quatre mois, ont été riches d’enseignements du point de vue de l’évocation des pratiques à riuqes vécues par les enfants que la pertinence des communications faites par Rock Nkounkou Malonga, le responsable adjoint des CASE.

Parmi les thèmes abordés, il y avait entre autres : qu’est-ce que le Vih, le Sida et les Ist avec la diffusion du film « Mon frère », extrait de « Les jeunes contre le Sida » ; les modes de transmission du Vih/Sida et des Ist ; les modes de prévention ; relation fille – garçon : gestion de relation amoureuse, comment négocier l’usage du préservatif ?; les pratiques à risques, la prostitution féminine et masculine, dépistage volontaire, qu’est-ce que c’est ?, à quoi ça sert ; les problèmes de la stigmatisation et la discrimination ; la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/Sida, etc.

Par Rock Nkounkou Malonga,
Bimensuel ‘’Echanges’’, Coordination Vih/Sida EEC
E-mail :
echanges_eec@yahoo.fr